Rentabilité et performance : à qui profite la crise ? – Interview de Valentin Doligé dans Le Parisien Eco

Retrouvez ci-dessous l’analyse de Valentin Doligé, associé et directeur général ORCOM, interviewé par Régis Delanoê pour Le Parisien Eco. (article publié le 9 novembre 2020 sur leur site >>Lien de l’article : https://www.leparisien.fr/economie/business/conseils-dexperts-rentabilite-et-performance-quelle-entreprise-sen-sort-le-mieux-09-11-2020-R6HDVABIIVHW7IRKB4RV3HNFKY.php )

Photo en noir et blanc expert-comptable Valentin DOLIGÉ« Si la crise actuelle affecte bon nombre d’entreprises, certains secteurs s’en tirent mieux. La clé de la réussite selon Valentin Doligé, expert-comptable à Orléans : l’adaptabilité et l’anticipation.

Quels secteurs d’activité s’en sortent le mieux ?

Les indicateurs actuels prévoient  une baisse globale de l’activité économique en France de l’ordre de 10 % en 2020. Certaines activités sont malgré tout épargnées par cette crise. La première d’entre elles est l’industrie pharmaceutique et des équipements médicaux. Le secteur des télécommunications et des nouvelles technologies profite également de l’accélération de la transition numérique, avec la généralisation de la communication et du travail à distance. Autre secteur en plein boom : l’e-commerce, dont la hausse de l’activité va de pair avec l’augmentation des achats sur internet. Le secteur alimentaire limite la casse. Le BTP continue d’embaucher grâce à la rénovation thermique en cours. L’immobilier s’en sort plutôt bien, même si persistent les interrogations liées à l’immobilier d’entreprise. Enfin, la finance apparaît relativement stable, les banques ont notamment eu un pic d’activité en distribuant beaucoup de liquidités à travers le PGE (Prêt garanti par l’Etat).

Quels enseignements tirer ?

Ces réussites correspondent majoritairement aux premières nécessités des Français en temps de crise. Les entreprises qui se sont adaptées le plus rapidement à la situation s’en sortent le mieux. Dans l’alimentaire par exemple, les changements dans les modes d’approvisionnement ont été décisifs, avec le développement des circuits courts. Autre facteurs de croissance: celles  qui  ont su moduler leurs offres (ventes en ligne, formation en ligne, systèmes de livraison, etc.). Idéalement, les entreprises doivent savoir gérer les temps courts et les temps longs : l’urgence à gérer la crise tout en anticipant les nouveaux modes de communication, consommation, production et d’approvisionnement.

Quid des typologies d’entreprise et du business model ?

Les petites sociétés peuvent réagir plus vite, mais elles manquent généralement de ressources financières et humaines pour entreprendre les changements nécessaires. D’après mes constats, ce sont les ETI (entreprises de taille intermédiaire, d’effectifs compris entre 250 et 5000 salariés, ndlr) qui sont les plus à même d’être à la fois agiles et solides. Petites ou grandes, certaines sociétés ont pu constater pendant la période qu’elles étaient trop dépendantes d’un gros fournisseur ou d’un client. Mais la situation actuelle impose aussi une certaine modestie : ce n’est pas si simple de prévoir l’avenir et il n’est pas forcément nécessaire de tout révolutionner. Il faut plutôt penser en termes de curseurs  d’amélioration. »

 

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